une vitrine, deux mois, trois fois rien..
Vincent Perrottet / mai - juillet 2011

Pour cette deuxième édition nous avons le plaisir de recevoir le graphiste Vincent Perrottet, qui sera présent le 5 mai 2011 à 18h à Antichambre.

Il a été membre du collectif Grapus. En 1989, il fonde le collectif des Graphistes Associés. Aujourd’hui, il travaille notamment pour La Filature (Scène nationale de Mulhouse), Le Nouveau Relax (Scène conventionnée de Chaumont) et le CRIPS - Île de France (Information et prévention du Sida). 

Son travail nous semble à la fois décalé et engagé. Sensible à l’espace public et aux spectateurs, il interroge la surproduction, la qualité des images et les messages qui habitent notre quotidien. Il apparaît comme une résistance face à la propagande visuelle, et nous montre les possibles d’un engagement social dans le travail graphique. Nous vous proposons ici, le le texte et les images qu’il a bien voulu nous faire parvenir.


En 1986, un biologiste renommé, le professeur Jacques Testart, annonça qu’il mettait fin à certaines de ses recherches en biogénétiques et sur la procréation artificielle. Alors à l’apogée de la reconnaissance pour avoir été le premier à amener à la vie un « bébé-éprouvette », il dénonça les visées eugénistes et commerciales que ses découvertes faisaient miroiter à certains pouvoirs économiques. Il ne s’inquiétait pas de savoir son geste isolé et se doutait que d’autres que lui occuperaient immédiatement le terrain du business du clonage et du désir d’enfants à tout prix. Il était simplement responsable et refusait que son intelligence soit dévoyée par une utilisation mercantile et dangereuse pour l’humanité. Il le fit savoir avec force et son message me revient à l’esprit et m’aide lorsqu’il m’arrive de douter de mon travail et de ses effets face à la complexité des problèmes de notre monde.

De quoi suis-je responsable en tant que graphiste ?
Quelle autorité ou quelle sagesse me confèrent les connaissances et l’expérience que j’ai acquises dans le domaine des signes, de leurs formes et de leurs usages au regard de mes frères / concitoyens humains ?

Dans sa leçon inaugurale au Collège de France, en 1977, Roland Barthes dit, entre autres choses toutes aussi sensées : « Certains attendent de nous, intellectuels, que nous nous agitions à toute occasion contre le pouvoir; mais notre vraie guerre est ailleurs; elle est contre les pouvoirs, et ce n’est pas là un combat facile; pluriel dans l’espace social, le pouvoir est, symétriquement, perpétuel dans le temps historique; chassé, exténué ici, il reparaît là; il ne dépérit jamais; faites une révolution pour le détruire, il va aussitôt revivre, rebourgeonner dans le nouvel état des choses. La raison de cette endurance et de cette ambiguïté, c’est que le pouvoir est le parasite d’un organisme transsocial lié à l’histoire entière de l’homme, et non pas seulement à son histoire politique, historique. Cet objet en quoi s’inscrit le pouvoir, de toute éternité humaine, c’est le langage, ou pour être plus précis, son expression obligée, la langue.»
« Le langage est une législation, la langue en est le code. Nous ne voyons pas le pouvoir qui est dans la langue, parce que nous oublions que toute langue est un classement, et que tout classement est oppressif : ordo veut dire à la fois répartition et commination.» « Parler, (…) ce n’est pas communiquer, comme on le répète trop souvent, c’est assujettir.(…)La langue, comme performance de tout langage n’est ni réactionnaire ni progressiste; elle est tout simplement fasciste; car le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire.»
« Nous qui ne sommes ni des chevaliers de la foi ni des surhommes, il ne nous reste, si je puis dire, qu’à tricher avec la langue, qu’à tricher la langue. Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d’entendre la langue hors pouvoir, dans la splendeur d’une révolution permanente du langage, je l’appelle pour ma part : littérature.»
Ce qui me plait dans ce texte, c’est que si l’on associe au mot langage le mot graphique et que la langue est aussi le signe, alors je sais exactement ce que j’ai à faire, et cela, moi je l’appelle de l’art graphique.

En 1998, un jeune graphiste allemand posa une série de questions à des créateurs de formes graphiques dont les Graphistes Associés. Voici les réflexions que notre collectif lui renvoya et qui valent encore pour aujourd’hui.

Qu’est ce qu’un graphiste ?
Quelqu’un qui lit, écrit et, s’il le peut, invente des formes graphiques, des signes et combinaisons de signes.

Que signifie le graphisme ?
Le graphisme est un domaine d’expression au service ou non de la collectivité, ce qui suppose de maîtriser le langage et le sens des formes, leur usage et leur mode de diffusion.

Quel est le rôle du graphiste dans la société ?
Le même que celui d’un médecin, d’un boulanger, d’une actrice, d’un ouvrier....
- par sa pratique, améliorer les rapports et les relations entre les êtres humains,
- améliorer la qualité du regard, - rendre les choses lisibles lorsque c’est nécessaire,
- sans cesse ré-inventer son vocabulaire formel et sa grammaire.

Peut-il être considérer comme un artiste ?
Pour créer réellement, il faut être libre de son temps, de son économie et raisonner en doutant. Tout le monde doit essayer d’être un artiste ; c’est à cet endroit que l’on perçoit le mieux le sens de la vie et des choses.

Le graphiste a t-il une responsabilité sociale spécifique ?
Comme toute personne qui maîtrise une technique ou un langage nécessaire à l’organisation humaine, le graphiste est responsable de ses actes et de ses images. Un grand nombre de graphistes produit des messages auxquels il ne croit pas, sans y mettre d’exigence artistique, en calquant l’idéologie et les méthodes des commanditaires. C’est le domaine de la publicité rempli d’irresponsables visuels corrompus par l’argent, le confort petit-bourgeois et l’illusion de côtoyer le pouvoir. Aujourd’hui dans les pays développés, il y a saturation et pollution visuelle des espaces publics et privés par les images (sans imagination ni invention) de la consommation de masse. La grande majorité des graphistes participe à ce mouvement qui abîme le regard et l’intelligence de leurs concitoyens.

Le graphisme politique et social existe-t-il ? Comment le définir ?
Tout le monde peut et doit s’intéresser à la vie de la cité, c’est la signification de l’engagement politique et social. Il existe un grand nombre d’associations et de groupes auxquels le graphiste peut participer en mettant en forme les idées s’il en partage les valeurs. Un graphiste, quand il a une idée originale ne doit pas hésiter à la traduire dans son art et à la diffuser par ses propres moyens. Il y a aussi des graphistes qui font de la politique sans le reconnaître : ceux de la publicité, qui par leurs images diffusent une idéologie consumériste, capitaliste et libérale.

Quels sujet / commandes traitez-vous le plus souvent ou préférez-vous traiter ?
Tout sujet qui nous donne l’envie et la possibilité de réfléchir, de créer, de s’amuser, de développer une relation de complicité avec les commanditaires et surtout qui par sa nature respecte le public et nous-même. Le choix est aujourd’hui assez simple: un(e) metteur en scène de théâtre ou d’expositions, un(e) responsable d’association ou d’organisation oeuvrant pour le bien collectif, un(e) responsable de la santé publique, un(e) architecte de talent proposent plus à nos yeux qu’un directeur de marketing qui veut vendre le millionième rasoir jetable non recyclable.

Avez-vous un mode de travail préféré ? Lequel ?
Ni patron ni pointeuse. Un lieu où il fait bon réfléchir et créer avec des amis et toujours quelque chose à boire. Travailler de façon épicurienne. Comment sont les relations entre vos commanditaires et vous ? Avec les commanditaires, il faut partager le sujet pour pouvoir partager les images. Ils nous cultivent sur leur domaine et nous les cultivons sur le nôtre.

Privilégiez-vous le processus de travail par rapport au résultat ?
Lorsque la relation est bonne avec un commanditaire le résultat est bon. Lorsque la relation n’est pas bonne, avec nous il n’y a pas de résultats, cela s’arrête avant. Personne ne nous fera faire de mauvaises images.

Avez-vous des retours sur vos projets ? Comment
La reconnaissance de nos pairs et la reconnaissance publique de nos images qui ont pénétré nombre de foyers, nous encouragent à progresser dans cette façon de travailler.

Quels sont vos médias ou moyens d’expression préférés ?
Pour nous, tout support qui ne dégrade pas l’environnement (un panneau 3x4m abîme souvent l’espace urbain), est bon dès lors que l’on nous laisse être bons. L’affiche est un support d’image que nous apprécions. C’est beau de réussir à concentrer en une image le sens d’une mise en scène de théâtre ou d’une revendication. Une fois sa fonction d’information remplie, une affiche réussie, parce qu’elle est forte, belle ou réellement subversive et bien imprimée, peut encore continuer à nourrir l’oeil et l’esprit de générations de spectateurs, musées ou fonds particuliers.

Quel est votre rapport avec les mass media ?
Les mass média sont un monde d’employés pour ne pas dire de larbins dévoués au pouvoir et à l’argent. Ils sont devenus un gigantesque espace publicitaire et ont renoncé avec le consentement de l’Etat à se faire payer autrement qu’en interrompant tout discours par un visuel marchand stupide ou pervers. Tout cela les rend médiocres et leur production avec.

Trouvez-vous intéressant de vous servir des mass media ?
Pour s’en servir, il faudrait les libérer et les réinventer. Il faut la force d’un Jean Genet ou d’un Nelson Mandela pour réussir à s’exprimer d’une prison.

Considérez-vous que l’affiche est un moyen de communication efficace ?
Lorsqu’une affiche est bonne, elle est aussi efficace et utile pour l’intelligence humaine qu’un bon livre, un bon film, une bonne peinture, une bonne mise en scène... Une affiche pour toucher l’autre ne doit pas chercher à communiquer (terme dévoyé par la pub) mais à subvertir avec bonheur le regard. Les affiches que nous aimons faire n’ont presque plus de place ou d’avenir avec les lois et les prix exorbitants des supports privés qui interdisent le collage sauvage. Il n’y a plus d’affichage public ; il n’y a que des messages payants.

Comment financez-vous les projets à but non lucratif ?
En étant nous-mêmes à but non-lucratif, avec une économie limitée à nos besoins. Sans épargner ses forces ni son argent, on peut alors produire quelques images pour nous et pour les autres. L’argent d’aujourd’hui est celui de la consommation de masse, des inégalités, des injustices et des frustrations sociales. Ce n’est pas un moyen d’échange, c’est une arme pour soumettre, avilir et même assassiner. Vive la gratuité et le partage !

Acceptez-vous des subventions publiques ou privées ?
Nous acceptons toute aide véritable, c’est-à-dire celle qui ne demande pas en échange d’infléchir notre façon d’être et de nous conformer à une vision commune. Il n’y a plus de mécènes privés, leurs héritiers revendent aux Japonais et les marchés ont contaminé leurs esprits. Il reste encore quelques rares personnes du service public à penser qu’elles ne dilapident pas l’argent des impôts en aidant les auteurs à jardiner l’art vivant.

C’est en ces termes qu’en 1998 la discussion s’arrêtait.

Depuis, les choses ont évolué dans le sens du pouvoir, de l’argent, de la consommation de masse et des prisons. C’est du moins ce que l’on peut croire en ne s’en référant qu’aux signes et aux messages qui prolifèrent dans l’espace urbain et cathodique.
Les graphistes (mais aussi les designers industriels, les architectes et tous ceux qui rendent visible le travail du pouvoir) n’ont toujours pas réussi, s’ils cherchent à le faire, à subvertir ou à réduire les forces qui les utilisent pour se perpétuer. Nous sommes nombreux à avoir appris et à pratiquer toutes les techniques qui permettent d’adresser à l’autre une information, une pensée sous une forme visuelle. Nous sommes trop peu à nous sentir responsables des messages que nous contribuons, par notre art et notre technique, à véhiculer.
La plupart d’entre nous se comportent soit comme des techniciens de surfaces visuelles soit comme des graphipatéticiens (dans le sens d’arpenter le trottoir de la commande et non pas comme des disciples d’Aristote) avec, pour justifier la faiblesse de leurs réponses graphiques la phrase sinistre de l’affamé: «Il faut bien manger!». Je veux bien croire que de nettoyer les rues et les espaces publics ou d’éponger des frustrations et des phantasmes sexuels président d’une absence de choix. Je ne crois pas que ce soit le ventre des graphistes qui explique leur attitude de soumission à la commande et les empêche de produire un travail digne de celui qui va le recevoir.
Le technicien de surfaces visuelles ne travaille qu’en agence de publicité ou de «communication». En grand nombre, personne interchangeable, il est une forme à peine évoluée de la « chair à canons » des champs de batailles, dans la mesure ou il survit en apparence à son sacrifice, bien que mentalement très amoindri par la bêtise ou la bassesse des choses qu’il doit mettre en forme graphiquement. Il n’est jamais en relation directe avec les sujets, il passe la journée à sa table, derrière un ordinateur machine outil, à débiter du signe sur commande d’un directeur artistique lui-même «brieffé» par un directeur du marketing plus obsédé par le chiffre d’affaires et les bénéfices possibles que par la nature de l’objet ou du service à communiquer. Tous manquent de curiosité, de questionnement, de sens critique sur l’industrie qui les emploie et d’invention que nécessite pourtant chaque nouvelle rencontre. Aucun ne se sent responsable d’autre chose que du bifteck plus ou moins tendre que lui rapportera sa journée de labeur.
Ils semblent ignorer qu’il est possible de produire différemment et grâce à cela ne sont pas totalement désespérés et peuvent même dans certains cas prendre du plaisir à ce qu’ils font.

Le graphipatéticien peut être indépendant ou maquereauté par une agence, il en sait souvent plus que le TSV sur les formes et les sciences qui président aux relations humaines. Il a pu connaître un temps le bonheur de créations partagées dans l’altérité avec des commanditaires, mais une déception professionnelle ou un accident de la vie l’ont contraint à ne plus considérer ses commanditaires que comme des clients, qui peuvent lui demander de faire ce qu’ils veulent en matière de formes et de couleurs pourvu qu’ils payent. Il ne prend plus de plaisir, mais peut travailler plus et plus vite, il lui suffit de simuler de l’intérêt pour le sujet et de faire croire qu’il est satisfait de son travail et de la relation. Comme il sait faire la différence entre le bon et le mauvais ou le rien du tout, il essaie de se ménager un peu de temps pour faire de vraies bonnes images pour lui tout seul, mais bien souvent, ses yeux sont usés par les images « passes » partout faites aux clients, son point de vue sur le monde devient flou et la frustration s’installe à demeure.

Ces deux types de pratiques des formes graphiques dans leur acceptation de « designer » sans discuter et en se dégageant de toute responsabilité politique et artistique ont ruiné visuellement le paysage urbain, ses entrées de ville, ses sous-sols, ses espaces et ses transports publics... La quantité abusive des images qui nous engagent à consommer toujours plus en avilissant nos sens est organisée et gérée, dans une débauche obscène d’argent, par les maîtres de l’industrie publicitaire et du média-planning.
Jamais l’humanité n’a été autant soumise à une telle propagande visuelle et jamais ceux qui ont la charge de cultiver et d’élaborer les langages visuels n’ont été autant compromis avec les pouvoirs en place. J’assimile la façon dont les signes sont aujourd’hui presque exclusivement utilisés à une entreprise totalitaire dont les tenants du pouvoir ne sont plus des militaires mais des détenteurs de capitaux. Pour paraphraser R.Barthe, le totalitarisme, ce n’est pas d’empêcher de voir, c’est d’obliger à voir.
Je rends responsable l’immense majorité des graphistes qui, par leur servilité et leur lâcheté, participent dans leur travail à l’accroissement des inégalités, de la misère sociale, à la dégradation de l’environnement par la surconsommation de masse et à la résurgence du culte de la personnalité. Je les rends responsables, par la médiocrité des formes et des contenus qu’ils produisent, de la dégradation de l’esprit humain et du respect de soi. Je les rends responsables de la métamorphose monstrueuse du citoyen en consommateur.
Et cela ne me console pas de savoir qu’ils disparaîtront eux aussi dans la tourmente sociale, économique et écologique qu’ils nous préparent.

Alors ceux-là, je les invite et les encourage si cela est encore possible à retrouver le chemin des marges de leurs cahiers d’écoliers où, enfants, ils rêvaient en dessinant un monde meilleur. Je les invite et les encourage à se détourner de leur statut de collaborateurs des pouvoirs et, par la force de leur nombre, à rendre une résistance visuelle puis une révolution culturelle possible. Parce que la société démocratique, urbaine et industrielle a absolument besoin de leurs connaissances pour s’organiser et exister, parce que les langages visuels et audiovisuels sont l’expression privilégiée du pouvoir ( hormis les armes ), je les invite et les encourage à cesser toute activité de création et d’imagination au service d’un sujet ou d’une cause dont ils pensent qu’elle ne cherche qu’à convaincre ou assujettir quelque public que ce soit plutôt qu’à le faire réfléchir.
Refuser d’élaborer le matériel de propagande d’une société essentiellement consumériste et dont la seule valeur est l’argent, remettra obligatoirement en question les processus politiques, industriels, commerciaux, urbains… Il en est de même lorsqu’une armée renonce à son pouvoir et ses privilèges et se range du côté du peuple plutôt que de ses maîtres et oppresseurs.
Parce que, par leur travail, ils peuvent incliner une société dans un sens ou dans un autre et qu’il est urgent de le faire, je les invite et les encourage à réinventer les formes d’un monde ou ledéveloppement de chacun puisse se faire dans l’harmonie de tous.
Je leur demande que dans leur propre pratique et existence ne s’insinue aucune forme, aucune molécule de pouvoir, qu’ils n’aient pas tant peur de manquer d’argent, de quoi manger et aussi de manquer d’attrait.
J’appelle les enseignants des écoles d’arts graphiques publiques et privées à cesser d’être le relais des chambres de commerces et d’industrie via des rectorats ou tutorats complices et à ne plus former que des créateurs responsables et cultivés, critiques face à la commande et indépendants économiquement.
Pour cela, je leur conseille de s’associer l’intelligence de la philosophie et la précision des sciences humaines ainsi que la liberté de l’artiste et du poète.
Enfin, chacun doit comprendre à quel point, dans toute forme de création et de relation humaine, la meilleure façon de s’adresser à l’autre est de lui parler comme à soi-même, en lui montrant et en lui signifiant qu’il est libre d’en penser ce qu’il veut.
Je prends le risque de faire sourire avec condescendance certains d’entres-vous qui ne verront là qu’une simple ritournelle utopique, mais je leur réponds par avance que ce sont ces idées simples qui m’ont permis de travailler et de vivre aussi longtemps normalement et sans compromis en accord avec celles et ceux qui les ont acceptées comme dénominateur commun de notre relation.

V. P

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